Un lieu où écrire

 

♦ Bédarieux, dans les Cévennes méridionales

Actes Sud, Ce qui ne peut se dire

 

Actes Sud
février 2014, 448 p.

Ce livre est le fruit d’une trentaine d’années de travail dans les ateliers d’écriture. Il ne prétend ni à l'exhaustivité ni au statut de méthode. Tout au contraire si j'ai une certitude, c'est que l'atelier dépend du cheminement intime de l'écrivain qui l'anime ; affaire de désir et d'instinct, de nécessité comme l'écriture elle-même…

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Textes d'atelier

Livre textes d'atelierLa Maison de l'Écriture a publié une sélection de textes écrits dans mon atelier. Ce livre de 150 pages est  vendu 13,15 €, port compris. Vous pouvez l'acheter en ligne.>

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Des ateliers d'écriture pour tous

Georges PicardLes ateliers d'écriture de Virginie Lou-Nony sont ouverts à tous ceux qui veulent ou voudraient écrire. Il n’est pas nécessaire pour y participer d’avoir fait des études, ni d’écrire un journal intime depuis l’enfance, ni de vouloir "devenir écrivain".
Dans l'atelier d'écriture se rassemblent des personnes qui désirent écrire par plaisir ou nécessité, hors de toute visée économique ou utilitaire.
Le dispositif particulier de l'atelier facilite le passage à l’écriture, amène à découvrir des continents d'inspiration variés, permet d'approfondir des thématiques, de se frotter aussi à des formes classiques (récit, nouvelles, fragments). Les propositions, nourries par le travail d'écriture d'un écrivain contemporain (cf le site de Virginie Lou-Nony), et par les explorations d'écrivains des générations précédentes, forment un trajet initiatique. Au bout du chemin, c'est vous et votre destination singulière que vous commencerez d'entrevoir. 

Ce qui ne peut se dire

Douiret

" Nous taisons tous l’essentiel. Nous croyons nos vies constituées d’événements, quand ce sont les instants d’absence, les fragments oubliés, qui les forment et les nomment. Par exemple un ongle rongé, le souvenir d’un chien, la cendre d’un regard, une odeur, un cri. L’écriture, la poésie plongent leurs racines dans ces failles, dans les instants proscrits, ceux que la mémoire réfute. Dans le silence qui enrobe les êtres, inextricable, profond, difficile à déchiffrer." (Christian Garcin)

Oser s’aventurer dans les contrées muettes de notre mémoire, de notre conscience, de notre corps, de notre expérience vitale pour inscrire sur la page ce qui ne peut se dire mais demande à s’écrire n’est pas un geste aisé. Souvent, l'envie d’écrire se heurte à des interdits plus secrets, des tabous archaïques que la volonté ne peut vaincre. L’atelier d’écriture, où chacun est entraîné à la fois par des propositions pensées pour chaque groupe singulier et par l’énergie des compagnons du groupe, facilite alors la tâche.

Trouver son chemin grâce aux ateliers d'écriture

Les propositions d’écriture, rompant résolument avec l'académisme des "sujets" scolaires et les souffrances qu'elles induisent, permettent à chacun d'accéder à sa sensibilité pour y découvrir enfin sa langue propre. Leur diversité permet de parcourir stylo en main des espaces variés d'écriture, en quête de celui dans lequel vous vous sentirez chez vous, tout surpris d'avoir trouvé votre chemin dans la profusion des possibles.

Le continent autobiographique

Notre expérience intime de l'existence constitue la matière première de l'écriture. Pour autant, elle n'est pas une donnée immédiate :  la mémoire sans cesse recomposée, l'expérience sensorielle rétive à la nomination, la difficulté à inventer une langue susceptible d'en rendre compte, le mystère de cette entité désignée par les pronoms "je" et "moi" ouvrent la voie à quantité d'explorations fort diverses. Les stages consacrés à la "mémoire du corps", à l'autobiographie dans sa diversité d'abords et d'aperçus – l'autobiographie "plurielle" – ; les stages consacrés aux silences foisonnants qui nous habitent et nous constituent (paroles retenues, imprononçables, parfois inconcevables sauf à s’affranchir de tabous multiples), permettent d'explorer ce très vaste continent en s'arrachant aux sentiers rebattus de la vulgate psychanalytique.

Raconter des histoires

Le langage ne se borne pas à dire le réel, il lui donne existence : lorsque nous racontons une histoire, faisons vivre des personnages et des lieux. Ces mises en forme du monde et de la vie nous sont essentielles. Tant au niveau individuel que collectif, les histoires balisent notre chemin, nous aident à vivre et à comprendre. Aussi les ateliers d écriture font-ils une large place à la fiction, en particulier dans le stage consacré au récit, qui explore à la fois les arcanes du roman classique et les ruptures qui l'ont renouvelé.
Le stage consacré au récit de vie explore l'espace intermédiaire né du terreau de l’existence mais forcément mêlé de fiction – se souvenir, n'est-ce pas réinventer? –, et
s’attache à ses difficultés intrinsèques – différentes de celles du récit de fiction.
Tout le monde raconte des histoires, mais quand l’un captive son auditoire, l’autre le fait bailler aux mouches. Quels sont les secrets d’un récit bien troussé ? Y en a-t-il ? Chaque auteur ne vient-il pas pour les réinventer ?
L'art vif et précis de la nouvelle ajoute à celui du récit la musique du silence : une autre conception de la représentation est à l'œuvre, qui fait la part belle à l’allusif, à l’ellipse, à la lacune. Ainsi retrouvons-nous sur notre chemin d’écriture l’universel silence, qui nous précédait et nous suivra. Criez avant la mort ! dit le proverbe touareg. Après il sera trop tard.

 

étiquette  Le sacrement du langage

Dans un essai aussi bref que percutant, le philosophe italien Giorgio Agamben, analysant l’acte, propre aux êtres humains, de prêter serment, met en lumière le lien intime de ce rituel avec l’essence du langage.

S’il est possible à un homme de prêter serment, et s’affranchissant du temps, de se projeter dans un futur où il sera toujours le même, fidèle à lui-même et à ses promesses, c’est aussi que le langage contient une part de sacré. En « prêtant serment », je n’offre à mon partenaire en guise d’assurance qu’une formule de langage, mais elle est si lourde d'implications que, en ne la respectant pas, je me mets en danger : je me désigne à la vindicte des dieux. Il y a du religieux dans le droit, et jurer consiste toujours à inviter les dieux, pluriels ou singulier, à la table des négociations.

Ce qui a pour corolaire que ne pas respecter son serment, voire le trahir avec cynisme, atteint la racine même du langage : car s’il peut constituer le lien entre les hommes, voire le ciment de la polis, de la cité, c’est précisément parce que la parole prononcée n’est pas un simple chant d’oiseau.

À partir du moment où l'on peut promettre et ne pas tenir, où la parole publique, en particulier, reste vaine, où un homme politique peut se faire élire à la plus haute fonction de l’État sur la promesse de mettre en actes 30 dispositions et s’asseoir dessus sans sourciller, il atteint à sa racine non seulement la morale, mais aussi le langage dans ce qu’il a de plus précieux. Quand se rompt le lien éthique – et non simplement cognitif – qui unit les mots, les choses et les actions humaines, on assiste à une prolifération spectaculaire sans précédent de paroles vaines d’une part et, de l’autre, de dispositifs législatifs qui cherchent obstinément à légiférer sur tous les aspects d’une vie sur laquelle ils semblent n’avoir plus aucune prise[1].
Raison de plus pour écrire, sans doute, pour se consacrer à l’activité patiente de peser les mots.

 


[1]Le sacrement du langage, Archéologie du serment, Giorgio Agamben, Vrin 2009

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