Un lieu où écrire

 

♦ Bédarieux, dans les Cévennes méridionales

Actes Sud, Ce qui ne peut se dire

 

Actes Sud
février 2014, 448 p.

Ce livre est le fruit d’une trentaine d’années de travail dans les ateliers d’écriture. Il ne prétend ni à l'exhaustivité ni au statut de méthode. Tout au contraire si j'ai une certitude, c'est que l'atelier dépend du cheminement intime de l'écrivain qui l'anime ; affaire de désir et d'instinct, de nécessité comme l'écriture elle-même…

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La librairie des ateliers

A tire d'aile

Mouette sur des livres

Les textes les plus aboutis y ont leur place. Ils peuvent être utilisés à des fins non commerciales dans le respect de la licence Creative Commons.

Mes "apartés"

polichinelleAu gré de l'actualité et des travaux en cours, quelques textes "entre nous". Ces textes d'humeur peuvent être utilisés à des fins non commerciales dans le respect de la licence Creative Commons.

 

 

Point d'interrogationPour plus d'informations sur le déroulement de l'atelier, appelez-moi au 06 09 21 01 81 (l'après-midi); pour les questions pratiques, faites le 04 67 23 17 50. Ou adressez-nous un message email.

Sauf exception, les images peuvent être agrandies d'un clic.

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Des ateliers d'écriture pour tous

Georges PicardLes ateliers d'écriture de Virginie Lou-Nony sont ouverts à tous ceux qui veulent ou voudraient écrire. Il n’est pas nécessaire pour y participer d’avoir fait des études, ni d’écrire un journal intime depuis l’enfance, ni de vouloir "devenir écrivain".
Dans l'atelier d'écriture se rassemblent des personnes qui désirent écrire par plaisir ou nécessité, hors de toute visée économique ou utilitaire.
Le dispositif particulier de l'atelier facilite le passage à l’écriture, amène à découvrir des continents d'inspiration variés, permet d'approfondir des thématiques, de se frotter aussi à des formes classiques (récit, nouvelles, fragments). Les propositions, nourries par le travail d'écriture d'un écrivain contemporain (cf le site de Virginie Lou-Nony), et par les explorations d'écrivains des générations précédentes, forment un trajet initiatique. Au bout du chemin, c'est vous et votre destination singulière que vous commencerez d'entrevoir. 

Ce qui ne peut se dire

Douiret

" Nous taisons tous l’essentiel. Nous croyons nos vies constituées d’événements, quand ce sont les instants d’absence, les fragments oubliés, qui les forment et les nomment. Par exemple un ongle rongé, le souvenir d’un chien, la cendre d’un regard, une odeur, un cri. L’écriture, la poésie plongent leurs racines dans ces failles, dans les instants proscrits, ceux que la mémoire réfute. Dans le silence qui enrobe les êtres, inextricable, profond, difficile à déchiffrer." (Christian Garcin)

Oser s’aventurer dans les contrées muettes de notre mémoire, de notre conscience, de notre corps, de notre expérience vitale pour inscrire sur la page ce qui ne peut se dire mais demande à s’écrire n’est pas un geste aisé. Souvent, l'envie d’écrire se heurte à des interdits plus secrets, des tabous archaïques que la volonté ne peut vaincre. L’atelier d’écriture, où chacun est entraîné à la fois par des propositions pensées pour chaque groupe singulier et par l’énergie des compagnons du groupe, facilite alors la tâche.

Trouver son chemin grâce aux ateliers d'écriture

Les propositions d’écriture, rompant résolument avec l'académisme des "sujets" scolaires et les souffrances qu'elles induisent, permettent à chacun d'accéder à sa sensibilité pour y découvrir enfin sa langue propre. Leur diversité permet de parcourir stylo en main des espaces variés d'écriture, en quête de celui dans lequel vous vous sentirez chez vous, tout surpris d'avoir trouvé votre chemin dans la profusion des possibles.

Le continent autobiographique

Notre expérience intime de l'existence constitue la matière première de l'écriture. Pour autant, elle n'est pas une donnée immédiate :  la mémoire sans cesse recomposée, l'expérience sensorielle rétive à la nomination, la difficulté à inventer une langue susceptible d'en rendre compte, le mystère de cette entité désignée par les pronoms "je" et "moi" ouvrent la voie à quantité d'explorations fort diverses. Les stages consacrés à la "mémoire du corps", à l'autobiographie dans sa diversité d'abords et d'aperçus – l'autobiographie "plurielle" – ; les stages consacrés aux silences foisonnants qui nous habitent et nous constituent (paroles retenues, imprononçables, parfois inconcevables sauf à s’affranchir de tabous multiples), permettent d'explorer ce très vaste continent en s'arrachant aux sentiers rebattus de la vulgate psychanalytique.

Raconter des histoires

Le langage ne se borne pas à dire le réel, il lui donne existence : lorsque nous racontons une histoire, faisons vivre des personnages et des lieux. Ces mises en forme du monde et de la vie nous sont essentielles. Tant au niveau individuel que collectif, les histoires balisent notre chemin, nous aident à vivre et à comprendre. Aussi les ateliers d écriture font-ils une large place à la fiction, en particulier dans le stage consacré au récit, qui explore à la fois les arcanes du roman classique et les ruptures qui l'ont renouvelé.
Le stage consacré au récit de vie explore l'espace intermédiaire né du terreau de l’existence mais forcément mêlé de fiction – se souvenir, n'est-ce pas réinventer? –, et
s’attache à ses difficultés intrinsèques – différentes de celles du récit de fiction.
Tout le monde raconte des histoires, mais quand l’un captive son auditoire, l’autre le fait bailler aux mouches. Quels sont les secrets d’un récit bien troussé ? Y en a-t-il ? Chaque auteur ne vient-il pas pour les réinventer ?
L'art vif et précis de la nouvelle ajoute à celui du récit la musique du silence : une autre conception de la représentation est à l'œuvre, qui fait la part belle à l’allusif, à l’ellipse, à la lacune. Ainsi retrouvons-nous sur notre chemin d’écriture l’universel silence, qui nous précédait et nous suivra. Criez avant la mort ! dit le proverbe touareg. Après il sera trop tard.

 

étiquette  L'atelier : un " intellectuel collectif "

Intellectuel collectif  Dispositif souple, l’atelier d’écriture se prête à des missions variées : débloquer l’écriture, initier à la littérature, mettre à l’épreuve des techniques narratives ou poétiques, aider chacun à trouver son chemin d’écriture…

Nous allons, à l’automne de cette année 2014, lui assigner une nouvelle mission : celle de se transformer en intellectuel collectif.

La notion d’intellectuel collectif a vu le jour dans la pratique au XVIIIè siècle : ceux que l’on a nommés plus tard les encyclopédistes ont décidé de sortir des cases étanches où l’on enfermait les disciplines scientifiques, techniques, philosophiques et littéraires pour faire œuvre commune et rassembler rien moins que l’ensemble des savoirs de leur époque. S’inspirant de leur exemple, Bourdieu a mis en œuvre tout au long de sa vie des groupes de travail pour casser les cloisons entre les disciplines et mettre en réflexion, dans un souci de rigueur scientifique et de vérité, des intellectuels venus de tous horizons pour envisager un problème sous plusieurs aspects complémentaires.

Cette expérience riche, qui remet au centre la nécessité d’une pensée exigeante et balance aux poubelles de l’histoire des hiérarchies sclérosantes, m’a parue particulièrement adaptée à l’atelier d’écriture.

À l’heure où une mondialisation guidée par le seul profit financier ravage la planète et dresse les peuples les uns contre les autres, ressuscite des pathologies meurtrières, – xéno-, islamo-, homo-phobies, sexisme, racisme, etc. il m’a paru nécessaire et urgent de constituer, lors d’un stage exceptionnel, l’atelier d’écriture en intellectuel collectif, afin qu’il se pose la question de l’Autre.

JoomSpirit