Vacarès

Se raconter ?


5 jours à Arles
du 20 au 24 février 2012

"Chaud devant !"
La librairie des ateliers

Icone librairieLes textes de qualité littéraire y ont leur place. Ils ont été choisis par Joseph Périgot, écrivain, éditeur numérique. Ils peuvent être utilisés à des fins non commerciales dans le respect de la licence Creative Commons.

Mes "apartés"

PolichinelleAu gré de l'actualité et des travaux en cours, quelques textes "entre nous". Ces textes d'humeur peuvent être utilisés à des fins non commerciales dans le respect de la licence Creative Commons.

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Récit de vie


Le projet de se peindre


Vient un moment dans l’existence où l’on se sent à la tête d’un capital d’expérience, ou détenteur d’une histoire dont les conséquences nous dépassent. On se dit qu’il faudrait écrire des Mémoires. Mais la tâche paraît colossale. Comment rendre compte de tant de temps ? Par où commencer ? Pourquoi le faire et surtout, pour qui ? 


Le pacte autobiographique


Par le «pacte autobiographique » conclu entre l’auteur et son lecteur, celui qui entreprend de raconter sa vie, ses Mémoires prend un engagement de sincérité et, en retour, attend du lecteur qu’il le croie sur parole. L’auteur doit raconter la vérité, se montrer tel qu’il est, quitte à se ridiculiser ou à exposer publiquement ses défauts.
Trois «je» dialoguent dans l'autobiographie : celui de l'auteur, celui du narrateur, et celui du personnage principal.
Deux mouvements de pensée se conjuguent : l’introspection (observation méthodique de l’auteur sur sa vie intérieure), et la rétrospection (regard en arrière sur les faits passés).


De moi à moi, entre mon histoire et les histoires


La simple définition de l’autobiographie pose, à celui qui écrit, de nombreux problèmes.
Comment faire de moi-même un personnage ?
Comment prendre la distance ? Comment ne pas prendre trop de distance, et plaquer sur celui que j’étais à 5 ans des émotions qui sont les miennes à 50 ?
Comment me souvenir ? Comment être sûr que ce dont je me souviens est bien advenu ? N’est-ce pas un souvenir écran, une histoire qu’on m’a racontée ?
Comment faire avec les « trous » de son histoire, car bien sûr il y en a, forcément. C’est ce que rapporte Montaigne, sous une forme plaisante, dans ses Essais au chapitre intitulé Des Cannibales : « Ils répondirent trois choses, dont j’ai perdu la troisième, et en suis bien marri ; mais j’en ai encore deux en mémoire. »


Tendre à l’universalité


Une fois ces problèmes surmontés, reste la question du lecteur. Pourquoi s’intéresserait-il à mon histoire, forcément singulière ? Qu’y a-t-il dans mon expérience qui vaille de se transmettre ?

L’atelier d’écriture, parce qu’il offre immédiatement des lecteurs à l’auteur, est un lieu idéal de résolution de ces problèmes rapidement insolubles dans « la solitude du cabinet ». Le trajet du stage vise d’abord à susciter le souvenir, accumuler rapidement de la matière, repérer les problèmes posés à chacun et, par des ouvertures et des retours appropriés, tenter des solutions.