3 ateliers d'écriture à Arles
du 22 au 26 fevrier, du 12 au 16 juillet, du 16 au 20 aout

Vous rêvez depuis longtemps d’écrire, mais vous n’arrivez pas à vous y mettre. Vous écrivez depuis longtemps, mais vous n’osez pas montrer vos textes.
Vous vous sentez prêt à franchir le pas, mais vous ne savez à qui vous adresser. Vous aimeriez tant écrire ! Mais rien ne se passe sauf les jours…
Le moi écrivant
C’est qu’écrire, même si on l’apprend à l’école élémentaire, engage l’être tout entier, et avec lui son histoire.
L’école installe d’emblée au cœur de l’écriture des normes strictes, grammaire, orthographe, cauchemar français. La norme guide aussi l’écolier qui se lance dans une rédaction, une dissertation : Attention à ne pas être « hors sujet » ! Attention à ne pas parler de soi, mais à commenter des textes, des idées, dans le cadre strict du sujet indiqué. Ainsi apprend-on comment taire… le sujet, précisément.
Car d’autres normes attendent l’enfant : se conformer aux usages, ne pas laisser libre cours à ses émotions, les contrôler au contraire, les mater, les enfouir, pour acquérir enfin un comportement conforme, policé. Les normes particulières de la famille achèvent de brider la « nature sauvage » du petit d’homme, pour en faire une réplique, un continuum parfait.
Le dur désir d'écrire...
Et voilà qu’au sein même de cette organisation serrée surgit comme un diable le désir d’écrire. Un désir qu’il va falloir, lui aussi, désincarcérer de la norme (être publié, devenir célèbre, passer à la télé avec BHL). Un désir qu’il va falloir interroger pour comprendre ce qu’il veut, de quoi, vers quoi il tend, ce désir d’écrire.
Qu’est-ce que je cherche, en noircissant de mots des pages et des pages ?
À devenir à mon tour singe savant ?
À ouvrir en moi la porte à un autre moi, moins civilisé mais chargé d’énergie vitale, qui a été bouclé au placard et rendu muet ?
Chaque écrivain élabore en écrivant sa réponse.
Chaque écrivant, dans l’atelier d’écriture, invente de texte en texte son chemin d’écriture.
Trouver son chemin
L’atelier d’écriture est un dispositif qui a d’emblée été pensé en fonction des obstacles placés sur le chemin de l’écriture. Tout y est fait pour faciliter le passage vers l’écrit, y compris pour ceux qui sont « bloqués », rongés par le silence, confrontés à l’invasion terrible du muet.

Il faut avoir éprouvé ce silence pour pouvoir aider l’autre à l’apprivoiser. L’écrivain sans cesse y est confronté, j’y suis confrontée. Et cette expérience nourrit mon travail dans l’atelier.
L’atelier est un lieu où vous partagez vos textes, où vous entendez d’autres textes. Vous découvrez alors à quel point votre style est déjà posé, organiquement né de votre rapport au monde. L’écoute des autres textes vous permet de situer les vôtres dans la variété des styles représentés par les autres participants et par les auteurs lus au fil des ouvertures.
En dix séances, vous avez le temps d'appréhender votre singularité, voire d’envier et de copier les autres avant de revenir sagement à vous, plus riche de votre escapade.
Mon rôle, à ce moment des lectures, et dans la durée du stage par des mises en relations de vos différents textes, est de vous aider à repérer ce qui fait votre écriture singulière, irréductible aux autres. À la fois ce qui distingue votre petite musique de celle des autres, et ce qui en fonde, autant que cela soit décelable, sa nécessité.
À l’issue du stage, vous vous représentez plus précisément les directions que prend votre écriture, et vous vous sentez plus assuré en vous retrouvant, après le stage, seul devant votre feuille.
Telle est, succinctement présentée, la démarche qui organise ce stage de 5 jours.
Il faudrait en revanche des pages et des pages pour décrire l’énergie particulière née du groupe lui-même, dans lequel chacun est à la fois l’entourage et le centre.
C’est au sein du groupe, grâce au groupe que, dans une atmosphère de respect et d’intense travail, vous trouvez et « débroussaillez » votre chemin en écriture.