Ecrire un carnet de voyage
En dépit d’Opodo, voyager, c’est compliqué. Avant d’avoir mis le pied où que ce soit, les guides vert ou bleu vous auront tout appris. Des hôtels vous attendent, des taxis prêts à vous plumer, et des restaurants dans des déserts où l’autochtone crève de faim. Jamais il n’a été aussi difficile de voir le monde.
Le Carnet de voyage excède la collection de souvenirs. Prendre le temps du silence et de l’écriture pour comprendre ce qu’on voit, ce qu’on sent, est une nécessité du voyage. Écrire, c’est écarter tous les mots pour en choisir un, stopper les machines de prêt-à-penser. Se risquer seul sur la page. Quitte à perdre convictions et bonne conscience.
Ecrire à Venise
Comment voir une ville aussi visitée, peinte, photographiée, décrite et chantée que Venise ? Comment risquer son jugement dans ce concert d’applaudissements ? Il suffit de sortir des sentier fléchés. Venise, ensevelie sous les images, ne sera jamais la Venise des images. Il y a Venise… et Venise. Elle nous invite avec ses îles, Murano, Torcello, la Giudecca et les autres, dans sa multiplicité et les contrastes de ses terres.
Ecrire dans le désert
Le désert est notre envers d'occidentaux : à l’abondance, la surconsommation et la vitesse s’oppose ce monde minéral où pourtant des hommes vivent. Le désert est un choc, physique et psychique. Il est ouverture éternelle. L’ouverture de toute écriture, celle que l’écrivain a pour fonction de préserver. Ouverture de toute ouverture, dit Edmond Jabès.


