Carnets de voyage : Venise et le désert

Apprendre "l'usage du monde" avec l'écriture...
Avant Alexandrie en 2011 et Tombouctou en 2012,
voici Venise et le Grand Erg oriental, dans le sud tunisien


Venise

du 17 au 24 juillet 2010

Recréer à Venise, dans ce décor si dramatique (au sens où on parle de dramatisation dans la fiction) l’atmosphère qui nous unit dans les ateliers : partage, réflexion, échanges, création, joie de vivre aussi ; bon manger et bien boire ; bien regarder, admirer, se pâmer, et râler, aussi… Les ouvertures vous pousseront à arpenter Venise en exerçant votre regard, votre conscience d’être au monde, votre présence au monde. Voir les détails de l’organisation.
Plan de Venise Ensemble, pour ceux que cette partie intéresse, nous vous aiderons à utiliser les nouveaux médias, Internet, les galeries photos sur le web, photoshop, etc. Car, bien sûr, le genre que nous explorerons pendant cette semaine, par l’écriture et l’image, est celui du carnet de route, du carnet de voyage, appelé à bien des métamorphoses, vu les évolutions de la technologie, des modes de transports, mais aussi de nos modes d’existence, moins enracinés dans le lieu et plus dans la trajectoire, dans l’échange, la confrontation, le métissage, la "créolisation", dirait Edouard Glissant.

Ce qui se cache sous le nom de Venise...

Nous irons donc découvrir là-bas, à Venise, cette vaste part de notre être qui désire le monde ; nous irons examiner notre être-monde ; notre devenir-monde ; une autre manière de penser l’être, et le monde ? Pourquoi pas. Venise, hors des cheminements réglés pour les colonies de touristes, nous invite avec ses îles, Murano, Torcello, la Giudecca et les autres, dans sa multiplicité, les constrastes de ses terres. Car Venise n’est une que sur les cartes. Retrouver les villes cachées+ d'infos sous le nom de Venise serait alors le but du voyage…


Une faÁade typiquement vÈnitienneL'intimisme des petits canauxMarchand de fruits et lÈgumes dans le DorsoduroBarques flirteuses...Santa Maria della Salute vue du Grand Canal au petit matinLe linge Ètendu, c'est une vraie institution ý Venise (et plus largement en Italie)

Prix 1195 € (tarif formation* 1695 Ä)

En pension complète avec chambre individuelle,
voyage non compris.

*Tarif "formation" quand les frais sont pris en charge par une administration ou un fonds mutualisateur.



Le désert

du 10 au 17 avril 2010

Née du désert, l’écriture revient au désert...
Les premières tablettes d’argile gravées de pictogrammes ont été retrouvées dans les restes des temples des cités d’Uruk et de Lagash, en Mésopotamie, l’actuel Irak. La plus ancienne œuvre littéraire connue, l’épopée de Gilgamesh, nous vient aussi de ces contrées rendues aujourd’hui au désert. Se retirer au désert, comme l’ont fait pendant des siècles des musulmans ou des chrétiens, c’était aussi (et c’est encore) contester l’ordre social et les valeurs – argent, pouvoir, gloire – qui en constituent le ciment. À l’écart des pensées communes et des désirs ordinaires, des hommes d’exception, des marginaux ou plutôt des sages, affrontent dans le désert leurs démons intimes, leurs tentations, leur propre désert intérieur.

Le désert invite d’abord à se soustraire

Il nous fascine, nous occidentaux, parce qu’il se présente à nous comme un envers absolu : à l’abondance de biens, de nourriture, d’eau ; à la richesse – et en miroir de cette richesse, une misère qui excède la pauvreté –, à la surconsommation, à la surpopulation et à la vitesse s’oppose un monde minéral, sans eau, presque sans végétation, où pourtant depuis des millénaires vivent des hommes riches de coutumes, de culture, de sagesse, de savoirs que nous ignorons.

Dune

Vertige
Le désert est un choc, physique et psychique. Personne ne s’avance impunément dans cet océan de sable. Il faut supporter de perdre le sens du temps et de l’espace, dit Théodore Monod. Cela n’est pas réservé qu’aux novices. Si ce vertige prend un Touareg, vous le verrez s’allonger, se recouvrir de son burnous. L’arrêt, le sommeil, l’obscurité, le silence le recentrent. Vertige, et recentrement. Scission et réunification. Au-delà du dépouillement, de nouvelles richesses…

A chacun son désert

Pour certains physique, sensualité et ascèse ; pour d’autres épreuve sportive, façon d’aller au bout de ses forces parler à l’oreille de la mort ; pour d’autres encore épure de l’esprit, recueillement de forces spirituelles. Nul ne sait, avant d’y aller, ce que produira pour lui cette expérience de l’extrême : Nous ne sommes véritablement nous-même qu’au plus aride de notre solitude, écrit Edmond Jabès.

Au sein du silence
Le désert est bien plus qu’une pratique du silence ou de l’écoute. Il est une ouverture éternelle. L’ouverture de toute écriture, celle que l’écrivain a pour fonction de préserver. Ouverture de toute ouverture. Edmond Jabès. Dans ce silence préalable à toute écriture, au cœur de la page blanche faite paysage, nous irons chercher des mots dont nous ignorons tout. Car le silence ne précède pas seulement les mots. Le silence souvent enferme des mots dans une coque hermétique. Il est un silence dans lequel les mots tus se sont fracassés. C’est dans ce silence du désert, et au fond de notre silence propre que nous iront chercher des mots nouveaux, des mots qui ne peuvent naître que là-bas.+ d'infos


Bouton inscriptionPrix 1340 € (tarif formation* 1840 €)

Voyage compris au départ de Paris et hébergement en pension complète.

*Tarif "formation" quand les frais sont pris en charge par une administration ou un fonds mutualisateur.

 



On ne voyage pas pour se garnir d'exotisme et d'anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels. On s'en va loin des alibis ou des malédictions natales, et dans chaque ballot crasseux coltiné dans des salles d'attente archibondées, sur de petits quais de gare atterrants de chaleur et de misère, ce qu'on voit passer c'est son propre cercueil. Sans ce détachement et cette transparence, comment espérer faire voir ce qu'on a vu ? Devenir reflet, écho, courant d'air, invité muet au petit bout de la table avant de piper mot.

Nicolas Bouvier
Le poisson scorpion


 

Nicolas Bouvier,

écrivain voyageur

Prendre la route, pour Nicolas Bouvier, c'est déjà refuser l'establishment: "On peut s'en aller par exemple pour ne pas occuper la niche que déjà la société vous prépare, pour ne pas s'appeler Médor".
Mais c'est aussi et surtout une quête de soi-même. "On dit souvent que les voyages sont des fuites, pour moi ce sont plutôt des quêtes." Pour lui, voyager, c'est apprendre à mourir, ce que l'on met si souvent aux oubliettes en Occident. La route, c'est une école de l'appauvrissement et non de l'enrichissement, "comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr".
Nicolas Bouvier cherchait dans le voyage et dans l'introspection une ouverture, une échappée. Et s'il est des choses auxquelles il faut savoir dire adieu, selon Emerson qu'il cite à la fin de L'Usage du monde, "une fois les frontières franchies, nous ne reviendrons jamais plus tout à fait les misérables pédants que nous étions". Nicolas Bouvier pratique le globe comme un exercice spirituel : "Il m'a paru bien vite (…) que la terre (…) nous était donnée comme une vaste merveille à déchiffrer. Avec trois clés reçues dans mon berceau : la lecture, le voyage et l'écriture."

(Extrait du dossier de routard.com)

Nicolas Bouvier


Quel carnet ?

Les problèmes posés par le carnet de voyage ne sont pas principalement ceux de l’achat du carnet (grand ? petit? grand comment ? cartonné? chicos ? ordinaire ? ordinaire comment?…). Mais le problème de l’achat du carnet peut se révéler définitif. Il y en a, j’en connais, qui ne sont jamais partis!
Surmontée cette épineuse question qui vous aura occupé de longues semaines avant le stage, tout reste à faire : voir, sentir, capter, dire, photographier, dessiner, supporter… Les voyageurs le savent : la trace laissée par les pieds et les pneus dans la poussière se double d’une trajectoire, plus tortueuse, dans l’intimité de l’être.

Tampon postal "carnet de voyage"

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait » écrivait Nicolas Bouvier dans "L’Usage du monde". Et plus loin : « Si on ne laisse pas au voyage le droit de nous détruire un peu, autant rester chez soi.»
C’est là que le Carnet devient précieux. Il aura recueilli vos images, vos croquis peut-être, vos crayonnés, vos pastels. Il portera aussi la marque de dépouillements et de renaissances.

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