Ce qui se cache sous le nom de Venise...
Comment percevoir, comment voir une ville aussi visitée, peinte, photographiée, décrite et chantée que Venise ? Comment risquer son jugement dans ce concert d’applaudissements ? Comment oser dire que ça pue, que c’est toc ? Nommer ce qu’on ressent, en débarquant dans cette féerie ?
Venise, comme Florence, comme l’Italie tout entière, est un lieu qu’il est impossible de ne pas avoir vu, pour nous français. Venise, LA ville de l’Art, la ville cosmopolite par essence, à la croisée de l’Orient et de l’Occident, qu’un petit général corse voulait faire disparaître de la surface de la terre. (Je serai un Attila pour Venise ! disait-il.)
Mais nous, que venons-nous faire à Venise ? Faire comme tout le monde ? Voir de nos yeux une ville photographiée sous tous les angles ? Pouvoir dire dans un dîner : J’étais avant-hier à Venise… Nous faire pardonner d’avoir engendré Napoléon ?
Notre désir du monde, comme tout désir, garde sa part d’obscurité.
Et l’obscurité est le terreau de l’écriture. Une obscurité en nous, et hors de nous. Venise, ensevelie sous les images, ne sera jamais la Venise des images. Il y a Venise… et Venise, hors des cheminements réglés pour touristes. Elle nous invite avec ses îles, Murano, Torcello, la Giudecca et les autres, dans sa multiplicité et les contrastes de ses terres. Venise n’est une que sur les cartes. Retrouver comme Italo Calvino les villes invisibles sous le nom de Venise serait alors un des buts du voyage…
Un décor dramatique
Aller écrire à Venise, dans ce décor si dramatique (au sens où on parle de dramatisation dans la fiction), quintessence du génie humain, et voué à un engloutissement prochain – on parle de 2050 – n’est pas seulement faire un atelier d’écriture exotique.
C’est s’interroger sur notre pratique du voyage, notre consommation de la culture, et plus intimement sur ce que le lieu fait, nous fait, me fait, à moi, individu singulier. Comment il me rappelle d’autres lieux, comment il me transforme. Impossible de revenir indemne d’un voyage à Venise, sauf bien sûr si on séjourne au bord d’une piscine.
Mais avec l’atelier d’écriture, vous arpenterez la Venise des amoureux, des flâneurs, des intimes de Venise. La Venise cachée sous les clichés et nous retrouverons l’atmosphère qui nous unit dans les ateliers : partage, réflexion, échanges, création, joie de vivre, bon manger et bien boire. Bien regarder, admirer, se pâmer et râler, aussi…
En pratique
Pendant 5 jours pleins, du lundi 16 juillet au vendredi 20 juillet 2011, à raison de deux séances d’écriture par jour, vous écrirez Venise, dans Venise, dans des lieux choisis de Venise.
Nous avons loué pour l'atelier deux grands appartements dans le quartier nord de Venise, à Cannaregio, Fondamenta de la Misericordia, tout près du palais Ca d'Oro mais à l'écart du flux touristique [voir Google Maps – Dans la case recherche, insérer "Fondamenta de la Misericordia"]
Le groupe est limité à 8. On peut choisir une chambre individuelle, ou, à moindre coût, une chambre partagée. Le repas du midi est préparé par Joseph – rebaptisé Giuseppe ! – et se tient dans les appartements ou en pique-nique; le repas du soir dans une trattoria.



