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Sept jours de Lewis Chambard
– Tu sais, un jour je partirai, il avait dit. J’ai dit : — Je sais. C’est comme ça que ça doit se passer, non ? – Sans doute, il avait répondu. J’ai fermé les yeux. Estomac noué. Les ai rouverts. Le plafond tournait au-dessus de nous. 
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Lettre au père de mes enfants de Charlotte Lahalle
Depuis 19 ans nous ne vivons plus ensemble. 19 ans, c’est l’âge que j’avais quand je t’ai rencontré. 19 c’est aussi le jour de la naissance de notre troisième enfant, celui que nous avons chargé de tant de réparations et qui, le pauvre chéri, n’a rien pu faire si ce n’est s’épanouir lui et lui seul, sans parvenir à nous réunir.  
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La Clé de Julie Bonvent
Le soir elle se couchait tout habillée. Elle se coupait seulement un pied, puis l’autre, net, à la cheville, et les rangeait soigneusement l’un près de l’autre, à côté du lit, gros orteils alignés l’un avec l’autre. Elle voulait être sûre. Parce que les pieds, il faut avoir l’œil dessus, ça bouge sans qu’on y pense, un moment de distraction, ils se mettraient à faire n’importe quoi, partir, l’emmener n’importe où. 
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Les Offrandes du soleil de Thomas Godard
Il est où papa ?" J'étais dans le rectangle de lumière qui sortait de la maison et qui s'étalait silencieusement sur la terrasse et Marie était à côté de moi très grande et immobile. Son ombre dépassait le carré de lumière et je ne voyais qu'elle. La tête de son ombre éclatait dans l'herbe desséchée par l'immense soleil d'été. Ses cheveux faisaient comme de grandes traînées obscures qui coulaient dans l'herbe.
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L'Aubette de Maurice Vergely
Je partais au petit jour, ce moment hésitant que les vieilles femmes des villages, autrefois, appelaient l’aubette. Je portais mes yeux vers le ciel, je les y maintenais longtemps, je m’imprégnais de l’espace en tournant lentement trois fois sur moi-même. Je laissais croître mon être jusqu’au moment où sa vastitude, au bord de se confondre avec le ciel, agitait dans mon ventre une boule de peur. 
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Berlucheau d'Isabelle Bizot
Jovial, généreux et courageux avec ça. La poignée de main franche, le sourire vrai. Monsieur Berlucheau est un type bien. Toujours le mot pour rire, la dernière blague, pas finaude finaude, mais on rit de bon cœur. Et avec ça, bon père, bon mari. Du courage de ce coté-là, il lui en faut, parce qu’il a pas choisi la facilité. Sa femme, elle est gentille, gentille mais morne, un vrai carême. 
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Moscou a lu trop de cyberpunk de Clélie Vian
« Moscou a lu trop de cyberpunk. » La première fois que j’ai entendu cette phrase, c’était dans la bouche de Mika, mon colocataire. On vivait dans un deux-pièces, en banlieue de la capitale russe, et on regardait la neige noire qui tombait par la fenêtre. Les murs avaient l’épaisseur du papier à cigarette et on entendait la radio qui grésillait chez les voisins. 
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Toto de Maurice Vergely
Il était une fois, en pays de Languedoc, un petit bonhomme qui s’appelait Toto et qui n’était pas satisfait de sa vie. Il passait ses journées à se creuser la tête pour savoir ce qu’il pouvait, et devait y corriger. Car il devait forcément y avoir quelque chose à corriger. Sinon, comment imaginer un tourment qui n’avait pas de cause ! Alors il décida de la chercher, cette cause, avec ardeur et sincérité. Il se jura de procéder méthodiquement, et il se tint à sa promesse. 
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