Pitié pour les arbres ! avait coutume de dire un ami cher en passant devant les devantures des librairies.
Car on peut revendiquer l’art du bref au nom de principes écologiques. Ou de principes esthétiques, l’un n’excluant pas l’autre. Ou de nécessités historico-économiques, temps de cerveau disponible et circulation dans les transports. Quoi qu’il en soit, l’art du bref se porte au mieux. Des fusées de Georges Perros aux poèmes en prose de Carver, on n’en finit pas de s’émerveiller de ces œuvres où le refus de la facilité mène la phrase à l’incandescence.
Un art, des formes
Ce stage est pour vous, qui cultivez l'art du bref. En nous essayant à des formes qui revendiquent le moins dire et la concision, haïkus bien sûr, mais aussi short-short stories, vidas, centuries, sketch, fragments, fusées, etc., chacun pourra chercher la formule, sa formule singulière.
L'art du bref est lié à la fois à une posture d'écriture et à un rapport au langage. Une certaine pudeur associée au goût prononcé de la forme, qui en sont les moteurs, nous mèneront à réfléchir en actes sur les contraintes et leurs effets paradoxaux de restriction et de libération.
Un travail dans l'oubli du travail
Écrire, disait Duras, c'est toujours à la crête des vagues. La brièveté est un travail, une prise de conscience par le travail du langage de ses possibilités. Mais c'est toujours, en fin de compte, à soi-même qu'il faut revenir, à ce qui a suscité le désir du bref, pour trouver le lieu intime, ce point géographique du psychisme où vibre votre corde. C'est sans jamais perdre de vue cette nécessité propre à chacun que je choisis les ouvertures d'écriture qui vont vous permettre à la fois de revisiter la bibliothèque, de vous en nourrir, de vous y perdre peut-être, mais pour mieux vous trouver.



