L'art de la nouvelle
La nouvelle ? Qu'est-ce que c'est ?
La question mérite d'être posée. Entre des géants de cet art comme Tchékhov, Maupassant, Carver ou Salinger, quel rapport ? Aucun, sinon que leurs récits sont courts, en nombre de page s'entend.
Sinon, tout ou presque les oppose. La "course au clocher" dont Maupassant faisait sont principe esthétique va à l'encontre des méandres dont Salinger se délecte. L'art brutal de la chute du Normand répugnerait fort à Tchekhov. À côté de ses personnages hauts en couleur, ceux de Carver semblent se dissoudre. Et pourtant quelle puissance chez chacun d'eux !
Quels sujets ?
Quelle est la spécificité de la nouvelle par rapport au roman ? Y a-t-il un type particulier de sujets ? Oui, dit Maupassant. Mais non, répond Carver. Dans un poème ou une nouvelle, dit-il, on peut décrire des objets parfaitement triviaux dans une langue on ne peut plus banale, mais d'une grande précision, et doter lesdits objets d'une force considérable, et même confondante.
Quelles règles ?
Densité, nécessité de tous les éléments : la nouvelle confronte à l’extrême économie. Comme dans le stage Mener un récit, les ouvertures vous font éprouver, dans la chair de votre texte, la nécessité des règles et leurs limites.
Maupassant ne structure pas ses nouvelles comme Carver, ni Buzzati comme Henri James. Les silences de Salinger ne sont pas ceux de Christian Garcin.
De ce " frottage " aux auteurs contemporains ou passés, vous revenez à la fois plus libre et plus audacieux, mais aussi sans doute plus soucieux des lois qui régissent votre texte. Car ce qui importe, ici comme dans tous mes stages, c'est que vous trouviez votre chemin.


