à Arles, antique et botanique,
à Venise et dans
le Grand Erg oriental
QUEL QUE SOIT LE PARCOURS SCOLAIRE OU PROFESSIONNEL
J’anime
des stages d’écriture depuis que, jeune professeur, je suis
partie en quête d’autres pédagogies pour enseigner la littérature.
C’était il y a pas mal de temps. Depuis, j’ai quitté
l’enseignement pour me consacrer à l'écriture de mes livres, mais je
n’ai pratiquement
jamais cessé d’animer des ateliers, dans des institutions, des écoles,
des centres de formation professionnelle ou des entreprises.
Et dans
les lieux les plus divers : dans des
banlieues avec ceux pour qui l’écriture est une question de survie
économique (exclus, immigrés, non-francophones, illettrés,
prisonniers) ; ou dans des stages, avec ceux pour qui l'écriture et la
littérature sont aussi question de survie, celle de l'esprit ; ou
encore à l'université, avec des étudiants pour qui l'atelier est le
lieu où leurs études – parfois leur vie – prennent sens.
Des terrains d'aventure
DU PARTAGE A L'INVENTION DE SOI
Mes
ateliers d’écriture sont d’abord des lieux de partage : du plaisir
d’écrire, de lire, de découvrir des textes. Ce sont aussi des lieux de
formation, au sens où l’on parle de "roman de formation" : participer à
un atelier d’écriture engage la personne, avec sa mémoire, ses rêves,
ses multiples "je".
Et c’est un terrain unique d’aventures : on y
retrouve des complices que chaque séance d’écriture rend plus proches.
On s’y retrouve soi-même, au fil des textes, inattendu, à la fois
inconnu et familier : car on n’écrit pas pour "s’exprimer", ni même
pour "communiquer", mais pour inventer ce soi-même qu’on ne soupçonne
pas.
Lire, écrire, lire, écrire…
DE L'UN A L'AUTRE UN MOUVEMENT INCESSANT
Les "ouvertures" d’écriture sont liées à mon travail d’écrivain : mon
écriture quotidienne les transforme, les questions qu'elle me pose les
font naître. Combien de lectures, faites "pour moi", ont donné lieu à
des ouvertures pour l’atelier ! De mon travail personnel à l’atelier
collectif, les ponts sont jetés et parcourus sans cesse, dans les deux
sens – quoi de plus naturel ? Il en a toujours été ainsi dans les
ateliers de peinture, pourquoi pas dans un atelier d’écriture ?
La
lecture tient une place centrale dans l’atelier d’écriture. A la
lecture de son propre texte, chacun s’aperçoit qu’à son insu, souvent,
il a bel et bien "le" : Le style, dit Proust, est affaire non de
technique, mais de vision. À partir d’une même ouverture, quelle
variété de textes ! Quelle richesse dans les rythmes, les agencements,
les images ! Reste à donner à ce style la vigueur, le nerf, la
précision qui en font une petite musique reconnaissable et "dominée"
par son auteur. Ce sont encore les lectures, singulières, d’un texte
unique, qui permettent à l’auteur de ce texte de prendre la distance
nécessaire au retravail. C’est ce regard, légèrement décalé, qui se
construit pour chacun, de texte en texte et de lecture en lecture.
L'atelier d'écriture en pratique
Il rassemble de six à dix personnes selon le lieu du stage.
Les séances suivent un rituel classique : je fais d’abord une
"ouverture", qui est très simplement comme une fenêtre que j’ouvrirais
par la parole vers l’imaginaire, l’observation ou l’émotion intime.
Dans le désert et à Venise, ces ouvertures s'ancrent dans le paysage réel,
la
ville de Venise, les dunes du Grand Erg et l'insoupçonnable variété de
ses sites.
On va voir, on arpente, on
éprouve. Puis on écrit. On écrit autant de temps que la nécessité s'en
fait sentir.
Puis on lit son texte. C'est le moment important. Le texte devient
public, il est comme "publié". Dans un cercle restreint, certes, mais
d'où émanent des retours de lecteurs. Et ces retours sont essentiels
quand on écrit non seulement pour soi-même, mais pour les autres – à
destination des autres et à la place des autres – ce qui s'appelle la
littérature...
Après deux ans d'atelier régulier, Chantal explique bien dans cette
video comment se déroule un atelier. Elle exprime aussi sa surprise
devant cette méthode et tout le profit qu'elle en a tiré.
Vous rêvez depuis longtemps d’écrire, vous cherchez des complices, lecteurs attentifs et créateurs inattendus, mais vous n’osez pas, vous ne savez pas comment vous y prendre… Ne remettez plus au lendemain !
Le stage « trouver son chemin » est conçu pour ceux qui veulent écrire comme pour ceux qui cherchent un lieu où se pratique et se pense l’écriture.
Je porte en moi l'humaine condition, écrivait Montaigne pour justifier ce désir, vécu parfois comme impudique et vain, de parler aux autres de soi. Autobiographie et autofiction ont, depuis, conquis leurs lettres de noblesse mais se sont aussi souvent figées dans les poncifs de la vulgate psychannalytique.
D'où l'envie de revenir, avec ce stage, aux sources, aux ressentis primitifs du corps.
Ce corps soumis à tant de métamorphoses, ce corps qui est mien, parfois pas du tout "moi", que dit-il?
Ce corps cosmique au carrefour de deux infinis, entre son code ADN et son signe astral, a-t-on pris le temps d'écouter sa parole silencieuse?
Où qu’on aille sur la planète, et aussi loin que remonte la mémoire, les hommes racontent.
De l’autobiographie au roman, de l’épopée à la blague, chacun y va de son histoire… Mais quand l’un captive son auditoire, l’autre le fait bailler aux mouches.
Quels sont donc les secrets d’un récit bien troussé ?
Tel est l’objet du stage Découverte du récit : initiation aux règles et aux transgressions qu’elles ont suscitées ; réflexion sur les modalités du récit ; apprentissage ludique d’un savoir-faire que l’écriture singulière de chacun va moduler.
Sait-on
jamais pourquoi on part? Pour se perdre, se trouver? Ou simplement pour
partir? Les carnets de voyage portent l'empreinte de cette aventure,
dedans dehors, des pieds et du coeur. Je vous propose deux lieux où
écrire face à l'essentiel,
l'espace, le vide et la menace du vide, la beauté et la mort, la
culture et le chaos. Deux lieux extrêmes, chacun à sa manière : Venise la sublime agonisante, et le Grand Erg oriental, au sud est de la Tunisie.
Si vous avez besoin d'un petit site professionnel
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Chaud devant ! Un espace d'édition pour les textes qui sortent du four !
On vous aura dit comme à moi que J-D Salinger est mort le jeudi 28 janvier dans un bled du New Hampshire. Ne croyez pas les ragots. Il se taisait depuis trente ans. C’est un type qui s’y connaissait grandement en silence. Il a sûrement eu peur qu’on revienne l’emmerder, que d’autres paparazzi viennent faire « des photos terribles de cet homme vieillissant » comme dit Le Monde. C’est vrai que révéler par une photo volée qu’un type de 90 balais n’est plus le beau gosse de sa jeunesse est un coup de force. On s’incline devant tant d’art, devant tant de délicatesse. Il en connaissait aussi un rayon sur la délicatesse de ses contemporains, Salinger. La curée, à la publication de The catcher in the Rye ! Plein la tête, on lui en mis ! Et qu’il ne savait pas écrire ! et qu’il corrompait notre belle jeunesse ! et qu’il était nul, non avenu…
Il y a quelques années, pour parachever l’ouvrage, et sous prétexte de «Mémoires», une de ses ex a rendu publiques les lettres intimes qu’il lui avait adressées. On s’incline. De la belle humanité, tout ça. Ça donne vraiment envie d’ouvrir sa porte et d’embrasser son prochain. Bref il s’est dit J’ai l’âge. Je vais leur faire le coup de la mort, ils me ficheront définitivement la paix.
Voilà pourquoi on nous bassine avec la mort de Salinger.
Mais n’en croyez rien. Relisez les nouvelles, Un jour rêvé pour le poisson banane, ma préférée, absolu chef-d’oeuvre. Il n’y a pas plus vivant que ce mort-là.