WEEK-ENDS
Week-end thématique
1 & 2 novembre
"Quelle madeleine ?"
Que nous écrivions de la fiction, de l’autofiction, ou de l’autobiographie, l’utilisation des matériaux que nous livre la mémoire ne va pas sans poser de multiples problèmes.
L'ère du soupçon
L’oeuvre de Proust nous a appris à distinguer entre mémoire volontaire et mémoire involontaire. Les travaux de Freud ont jeté le doute sur nos souvenirs : en dépit de l’estampille « garanti vrai de vrai » apposée sur eux, il nous a révélé que les plus authentiques pouvaient, à l’analyse, se révéler de simples écrans, destinés à recouvrir pudiquement, ou prudemment, des traumatismes divers. Enfin Claude Simon, à la suite de Magritte et de son tableau « Ceci n’est pas une pipe », nous a enjoint de ne pas mélanger réalité et représentation. D’autant que la représentation se substitue insidieusement à la
réalité, et qu’un souvenir « garanti vrai de vrai » peut se révéler souvenir non pas d’une scène vécue mais d’une photo, prise un jour en notre absence, ou même avant notre naissance, mais intégrée dans notre mémoire personnelle, avec les commentaires des parents rapportant la scène et les dialogues, dans le dossier estampillé « GVDV ».
Bref, nous sommes les héritiers d’une culture qui nous interdit, sous peine de passer pour naïfs, l’innocent « je me souviens ».
De soi à soi inventer la distance
D’autre part, nos souvenirs personnels portent si fort l’empreinte de notre passé le plus familier, et donc le plus invisible à nos yeux, qu’il nous est difficile de faire la part du lecteur : comment prendre de la distance entre soi et soi ? Comment faire vivre ce personnage qu’est devenu notre moi ancien sans être ni dans la plaidoirie pro domo, ni dans le gémissement solitaire ? Que peut partager ce « moi-personnage » avec le lecteur, les lecteurs ?
La langue nous conjugue
Enfin, la grammaire nous a enseigné une manière propre à nous, Français, de revivre le passé. Mais que nous dit-elle au juste ? Quelle vision du monde véhicule notre conjugaison, si « naturelle », elle aussi, que nous avons tendance à lui donner le bon dieu sans confession ? A l’heure de la mondialisation, nous ne pouvons éviter les comparaisons, et la relativisation consécutive : comment se souviennent nos cousins russes, chinois, japonais, nos frères italiens ?… Leurs différences nous permettront de mesurer les distances de leurs langues à la nôtre, ne serait-ce que pour reconnaître, et utiliser plus finement les subtilités qui nous sont propres.

Le stage se déroulera
les 1er et 2 novembre 2008
TARIFS
Normal 150 €
Réduit* 110 €
Formation* 225 €
(hors hébergement)
*réduit pour les moins de 25 ans, étudiants, chômeurs, personnes au RMI ou en CES.
"formation" quand les frais sont pris en charge par une entreprise, une administration ou un fonds mutualisateur.

La véranda où se déroule l'atelier à* Arles
Mes week-ends en* Arles
Les week-ends ont lieu à* Arles, à cinq minutes à pied des arènes deux fois millénaires, à 10 minutes de la gare, et non loin de la très poétique nécropole des Alyscamps, dans une maison ouverte sur un jardin riche de recoins et petites tables pour s’isoler pendant le temps de l’écriture, et pourvue d’une vaste véranda vitrée pour se retrouver et échanger.
Le week-end s’ouvre le samedi à 14 h. 30, pour deux séances d’écri-ture séparées par une petite pause entre 17h30 et 18h (thé/scones ou saucisson/ vin rouge, toutes les cultures sont acceptées). La deuxième séance se termine vers 20h30.
Le lendemain, deux séances séparées par le déjeuner, la première de 10h à 13h environ, la deuxième de 14h30 à 17h.
Les repas sont pris sur place, chacun apportant ce qu’il lui faut pour lui même ou pour partager avec les autres. La cuisine attenante à la véranda permet de réchauffer, cuire, assaisonner. Le jardin (bio, évidemment) aura toujours en réserve quelques légumes frais pour vous rappeler ce temps pas si lointain où même les laitues avaient du goût…
Les quatre séances vous permettent de découvrir l’atelier (week-ends « découverte ») ou d’approfondir un thème (week-ends thématiques).

* La grammaire exige qu'on dise "à Arles".
En effet, le "en" est réservé au pays ("Je me rends en Allemagne"), ou à la province ("Je suis né en Normandie "). On dit donc "Je vais en Avignon", ou "J'habite en Avignon", puisqu'Avignon fut un état, à l'égal du Vatican aujourd'hui, du début du XIVè au début du XVè siècle.
Il faut croire qu'Arles, ancienne chouchoute de Rome, vécut fort mal la promotion de sa rivale Avignon à ce statut de principauté, car, encore aujourd'hui, la bourgeoisie locale, arbitre du bon goût en dépit de la grammaire, s'obstine à dire "en Arles". Que pouvons-nous, pauvres défenseurs de la langue, face au pouvoir des notables? Lassés de nous entendre insulter ("Comment! vous prétendez animer des ateliers d'écriture et vous ne savez même pas qu'on dit "en Arles"?"), nous avons renoncé à écrire (dans le titre) "à Arles", mais pas à préférer les savants aux idéologues.
Autre hypothèse: le "en" serait l'équivalent du "in" latin: une préposition désignant le lieu où l'on est (par opposition à "ab" pour le lieu d'où l'on vient et "ad" pour celui où l'on va). Auquel cas, on pourrait éventuellement dire "je vis en Arles", mais jamais "je vais en Arles" !
Week-end "Découverte"
14 & 15 JUIN
4 & 5 OCTOBRE
Vous avez envie de découvrir les ateliers d'écriture en général, ou mes ateliers en particulier; de vous faire plaisir le temps d'un week-end, ou de savoir si un atelier d'écriture répondrait à vos besoins...
Formule "économique"
La formule du week-end vous permet, pour un prix modique et dans un temps minimum, de vivre quatre séances d’écriture choisies pour vous donner un avant-goût de l’atelier, et de la variété des pistes d'écriture qu'un travail régulier peut approfondir.
Styles et visions du monde
Au cours de ces quatre séances, vous
aurez l'occasion d'éprouver la diversité des styles d'écriture, et de constater à quel point votre style est déjà là, installé de texte en texte, à votre insu. Vous pourrez aussi, malgré la brièveté du stage, appréhender comment opère le travail en atelier, non seulement par la multiplication d'ouvertures variées, mais aussi par la confrontation avec les visions qui se dégagent des textes des autres membres de l'atelier, et grâce aux remarques qui vont accueillir votre texte : des remarques faites toujours dans le respect de l'auteur (j'y veille), qui permettent à chacun de sentir comment son texte, émanation "intime", peut être perçu de l'extérieur.
Plaisir et ban d'essai
Vous pouvez faire ce week-end dans un esprit essentiellement récréatif, ou pour juger sur pièce avant de vous inscrire à un atelier d'écriture régulier.
A la suite de ce week-end, vous pourrez vous inscrire à l'atelier régulier de première année qui a lieu à Arles (première séance en octobre), au rythme d'un week-end par mois, jusqu'en juin.
Skype au service de la littérature
Si vous vivez loin de la Provence, il vous suffit d’un ordinateur modeste, du logiciel gratuit Skype, d’un casque-micro (20 euros maxi) augmenté -luxe suprême- d’une webcam (30 euros maxi) : et chaque mois, le temps d’un week-end, vous retrouverez vos amis de l’atelier, vous entendrez les ouvertures en direct, les voix de vos compagnons, leurs textes, vous verrez leurs visages et vous pourrez même trinquer avec eux… D’accord, la technologie ne fait pas le bonheur. Mais parfois elle facilite la vie.
Le stage se déroulera
les 14 et 15 juin, &
les 4 et 5 octobre 2008
TARIFS
Normal 110 €
Réduit 80 €
Formation 165 €
(hors hébergement)
Tarif réduit pour les moins de 25 ans, étudiants, chômeurs, personnes au RMI ou en CES.
Tarif "formation" quand les frais sont pris en charge par une entreprise, une administration ou un fonds mutualisateur.